lundi 24 décembre 2007

Un jeu d'enfants

Un Jeu d'enfants.

Réalisation : Laurent Tuel.
Scénario : Laurent Tuel et Constance Verluca.
Photo : Denis Rouden.
Interprétes : Karin Viard, Charles Berling, Ludivine Sagnier, Camille Vatel, Alexandre Bongibault, Aurélien Recoin.
Musique : Krishna Levy

Synopsis: Vous réviez de beaux enfants...En voilà deux mignons...enfin, c'était avant que deux étranges personnages leur rende visite...Car bientôt plus rien ne sera pareille...Le couple commence à se détruire, des choses bizarres se produisent et l'inévitable arrive...

Dans les 400 coups, François Truffaut, racontait l’histoire d’une famille qui se détruisait et alors, le réalisateur s’attardait sur les conséquences désastreuses que cela avait sur l’enfant, trouvant en Paris et ses rues, une mère de substitutions…

Ici Laurent Tuel prend l’a rebours du chef d’œuvre de Truffaut. Exit les rues de Paris, exit les extérieurs. On est enfermé dans un appartement, bourgeois, trop bourgeois (on pense ici à certain film de Chabrol, preuve que le ciné français, même quand il s’attaque au rivage du fantastique a du mal à se détacher de son histoire et de son exception culturelle…), mais pourtant c’est bien ici un couple qui se consume, jusqu’à l’incendie finale, ou tout se perd dans les flammes…

Tout le sujet du film est là, grand sujet, sublimé par une histoire de possession qui certes n’arrive pas à éviter tous les clichés, mais qui reste à mon humble avis une histoire superbe.

Le parti pris de Laurent Tuel et de nous enfermer dans cet appartement, de nous faire ressentir l’étroitesse des couloirs, ces portes que l’on n’arrive pas à ouvrir, cette vie qui tourne en rond, ces traumatissmes que l'on ne nomme pas mais qui sont bien vivants...

Nous suivons le quotidien de Marianne et de Jacques ( Karin Viard et…superbe de présence, jouant la folie avec une retenu superbe) et peu à peu, lentement, le bizarre s’installe.

Si j’ai évoqué Truffaut et Chabrol, nous pourrions presque ici alors, invoqué, aussi Pialat et son fameux film : A nos amours. Dans cet appartement, comme dans le film de Pialat, les personnages sont obligés de se croiser, l’intimité est limitée, on est obligé de faire sortir les enfants pour faire l’amour, quand la mère se lave, les enfants peuvent la voir…Je dirais presque n’importe qui...tout comme dans l'appartement du film de Pialat. Le drame devient alors inévitable, l'insuportable...

Si Jeu d’enfants est un film de possessions et de fantômes, un étrange mélange des deux, il est aussi un film sur le couple, la difficulté d’être au quotidien, que vient sublimement illustrer une histoire fantastique…Comme une étrange alégorie…Et je dois die que c’est généralement ce qui me plait dans un film. Quant l‘inquiétante étrangeté est une image d’une inquiétude, d’une peur ou d’un sentiment bien réel. Tout le contraire d’Hostel (Cf article ci-dessous…)…

Pourtant, réduire le film de Laurent Tuel à un simple film intello, chiant et franchouillard, serait une grave erreur…Ce film est un poison, une essence particuliére qui s'insinue dans vos veines lentement, qui prend possession de vous. Sublime non, pour un film traitant justement de possession, c'est-à-dire de perte de moyens…

Le tour de force tient au fait que c’est ici les enfants qui sont le symbole de tout ça…La chaire de notre chaire, se retournant contre nous, tous nos espoirs brûlant, partant en fumée…

Tour de force double, quant on saisit la justesse du casting, le visage de ces deux anges, parfaitement dirigés et subtilement éclairé…

Etrangement, Jeux d’enfant n’est pas un film qui fait peur, au sens ou il n’y a rien de spectaculaire, pas d’apparitions morbides et sanguinolentes. Et pourtant, il y a quelque chose d’effrayant dans ce métrage…Quelque chose qui tient du magique, qui vous prend le cœur…Le temps qui passe peut être…La souffrance et la distance qui peut se tisser entre des êtres…Les traumatismes que l'on a du mal à oublier...

Vous l’aurez compris, cette histoire de possession va bien plus loin que ce que l’on pourrait le croire à premier abord…Bien plus loin encore, malgré les cadres serrés qui sont comme un enferment, cette violence toute psychologique soutenus par des acteurs superbes de présences…

Jeux d’enfants est un film prenant sur le couple, la famille, les souvenirs, le temps qui passe…Le temps qui passe et qui nous assasine…

Hostel



Hostel.



USA-2005.



Réalisation : Eli Roth.

Scénario : Eli Roth.

Images : Milan Chadima et Shane Daly.

Distribution : Jay Hernandez, Dereck Richardson, Eytor Gudjonsson, Barbara Nedeljakova, Jana Kaderabkova...

Musique : Nathan Barr.

Production : Chris Briggs, Mike Fleiss, Eli Roth, Daniel S Frich, Philip Valley, Scott Spiegel, Quentin Tarantino, Boaz Yakim.





Synopsis : Trois jeunes gens s'en vont en vacances en Europe...Et vas y que je me défonce, que je vais voire du côté des filles faciles...Ah ils croyaient s'amuser!! Et ben c'est raté...Parce qu'ils vont se faire méchament charcuter...Vous saviez que l'homme paie pour jouer dans des snuffs...

Hostel, ou quand le ciné n’est plus un « art » mais un véritable produit commerciale, une machine bien huilée, un petit budget certes mais qui rapporte gros !!

Sponsorisé par l’un des plus grand "remixeur" de notre temps, Quentin Tarantino et par un autre dérangé du ciboulot, Takaashi Miike…

Hostel, le film gore du pauvre !

J’aurais du vous parler de Fulci qui, avec Mario Bava et Dario Argento, est pour moi l'un des maîtres d’un certain cinéma, d’un certain savoir faire, qui semble ne plus exister…

Eli Roth en est la preuve, même si son film n’est pas non plus le pire du genre…

Pour moi Hostel est un film bancale, long, trop long…

C’est à grand renfort de battage publicitaire et fondamentalement mensongé, que ce film semble avoir fait son petit bout de chemin…

Le film le plus gore de l’histoire du cinéma qu’on nous dit…Il va falloir remettre vos pendules à l’heure messieurs dames…Même si bien sur le film propose son lot d'images chocs, c'est pas non plus de l'extréme gore (tête coupée, oeil pendant, scénes de tortures mal filmés ou filmée sans conviction...etc...etc...), on a vu pire...Entre autre certains métrages venuent d'allemagne dont je vous reparlerais trés bientôt...

Pour mettre les choses au clair, je n’aime pas le gore ou plutôt, je n’aime pas la gratuité…Bien sur, si vous me dîtes que Bacon ( le peintre) c’est du gore, là je vous dit oui !! J’aime !!

C'est-à-dire, un gore qui déforme l’âme, une souffrance qui liquéfie, modifie jusqu’à l’extrême du visible le corps. Le gore come une empreinte de l’âme…Revoyez le début de L'au-delà de Fulci…Pour moi un chef d’œuvre…

Le « gore » est comme un plus dans l’engrenage psychologique, comme une photographie d’une âme en souffrance. Il ne suffit pas alors de piocher de façon toute aléatoire dans les bandes d’actualité et dire : regardez comme l’homme et son monde sont dégueulasses pour faire un bon film gore !! C’est ce que fait Eli Roth…Mais en plus, pour ma part, je trouve qu’il le fait mal…Autant se regarder en boucle les Mondo Cane...

Il s’en est fallut de peu, qu’Hostel soit un grand film…Mais Eli Roth passe à côté de son sujet, le sacrifiant sur l’autel du facile et du spectaculaire…

Dés le départ, le film impose un faux rythme…Je dois vouer que j‘adore ce genre de faux départ, loin du schémas : une scène forte qui captive le spectateur et hop plus rien…

Hostel commence bien sur par une scène forte, violence surréaliste et puis…Et bien il faut attendre la dernière demi heure, pour voire le métrage décoller…Avant, vous vous serez tappé du mauvais American Pie !

Pourtant ces genres de films travaillant sur une ambiance, sur une attente et même sur un faux départ sont certainement pour moi les meilleurs (Audition ou même Psychose de Mr Hitch !!).

Bref, dés le début de ce film, on assiste à des pitoyables orgies, mal filmées, avec rien à se mettre sous la dent…Et tout repose là-dessus quelque part…Des ados, qui n’en sont plus, vont franchir un cap, allez plus loin, l’insouciance débouchant sur l’horreur abjecte…Une société violente dont ils vont faire l'apprentissage à leur dépend...Eli Roth joue sur le mythe (?) du snuff, sur ses disparitions étranges en Europe de l'Est du au traffique d'organe, critique donc de la pauvreté et de la misére...

Mais le problème c’est que ça dure juste un brin trop longtemps !!! Certes ça se veut dénonciateur de la bêtise humaine, mais il y a meilleur façon de le montrer et puis à quoi cela sert-il de démontrer des choses que l’on connaît déjà…

Bien sur le film, comme la plupart des films d’ailleurs, reprend le schéma des « contes ». Et oui, il y a plus de cruauté dans certain conte que dans certain film dit d’horreur…Le conte substrat de tout bon film à mon sens !

Ici, la forêt inhospitalière, c’est Amsterdam, la prostitution, la drogue… Le grand méchant loup tentateur, qui fait que nous quittons le droit chemin, des filles…Et voilà, nos trois pauvres jeunes pris dans l’engrenage de l’horreur et de la mort…

Une chose au moins est certaine, c'est qu'Eli Roth prend un malin plaisir à torturer des hommes, pas des femmes…Donc ça change un peu...


Alors bien sur, Hostel se veut énonciateur, pointant du doigt les penchants les plus pervers de l’humanité…

Mais avec un scénario bancal, un éclairage déjà vue, sans originalité qui arrive tout juste à rendre hommage à des textures que l’on connaît trop bien, des longueurs pas possibles, des scènes inutiles…

Non, peut être à part la fin, je n’ai pas trouvé une seule scène positivement marquante…S’il cherche à nous dégoûter de la violence c’est raté…Par contre nous dégouter de son film, là c'est évident...


Néanmoins, Hostel peut s'averer trés bon , pour une certaine génération, qui n’a peut être pas grandit avec les grands maîtres du sanguinolents, des ados qui n’ont pas encore terminé leur puberté…


En ce sens, Hostel est un film éducatif…



Mais si vous aimez l’intelligence des propos et les vraies films d’horreur, passez votre chemin car sinon, vous vous ennuierais…

lundi 17 décembre 2007

Chapitre 1 : Les yeux de l’automne…(Car elle a les yeux d’une biche et les cheveux colorés par l’automne…)




Ce soir là, en descendant la rue Fontenelle, seul mon ombre caressait les Gracieuses qui sur le pas de leurs portes m’appelaient de tous leurs charmes, parfum se volatilisant en volute de désir montant jusqu’au ciel noir. Je me contrefichais bien des quelques plaisirs que pouvait m’offrir ces compagnes, ces belles insoumises que j’avais tant aimé pour un soir, pour un soir seulement…


Ma journée n’avait été qu’une longue attente qu’un crépuscule avait finis par éclairer d’une lune pâle mais appaisante…


Je pressais le pas en direction de ce fameux banc et l’aire de la nuit brûlait mes poumons d’un souffle nouveau, une brûlure qui n’était pas du à la morsure des femmes ni à l’apaisant abandon éthylique. Non, c’était déjà ton souffle, renouveau, brise glacée d’une vie nouvelle que je sentais entrer en moi. Ma canne battait le pavé, c’était le seul bruit qui accompagnait mes pas quand j’entrais dans ce jardin, lieux de notre première rencontre et de notre premier rendez-vous mon ami, mon ami disparut…


Qu’est ce qui pousse l’homme à vouloir voir sous les masques, à voir l’invisible…


« -Détrompez vous…Peu cherche à voire et encore moins à comprendre…Les petites impressions faciles sont le lot quotidien des cochons qui s’en vont tous manger au même baquet…Mais je les aime quand même… »


Malgré sa taille proéminente et un certain handicap dans ces déplacements, mon ami a toujours su ce mouvoir comme un chat…En devenant l’amant de la nuit, on en prend les qualités…


Je sursautais et fixé malgré moi ce masque blanc, ce visage de tristesse, paysage désolé, paysage lunaire ou les larmes d’un royaume perdu avaient creusé des vallées profondes, si profondes qu’elles étaient devenues des puits sans fin…Un visage qui éclairait la nuit…


« - Je savais que vous viendriez…Je savais…Marchons un peu, voulez vous…Là bas, vous voyez à travers les arbres…Avançons encore… »


La voix de mon ami était entrecoupée de ce souffle étrange que j’avais déjà entendu la nuit précédente, comme le sifflement d’un asthmatique…


« -Comme nous avons de la chance ! La nuit veut bien de nous ce soir…Je vous assure que ce n’est pas donné à tout le monde…J’ai parcourut bien des lieux et la nuit n’est pas souvent peuplée. La nuit n’accepte pas tout le monde et elle est bien dure…Dans son cortége d’étoile elle emporte aussi des âmes…J’en est vu des êtres seuls mourir au creux de la nuit, dans les bras d’une Gracieuse, pendu au lèvre d’une fée verte…J’en ai vu dans la nuit des hommes se vidait de toute leur larme à tel point que leur cœur s’est asséché et qu’il s’est éteint au creux des astres qui sont aujourd’hui nos seuls compagnons…Je sais que vous êtes de cela…Je ne vous demande pas qu’elle femme vous a traîné là, mère ou amante, mais je le vois…Vous venez de rejoindre cette étrange caravane.. »



Le masque tourna son regard vers les cieux…Je ne disais rien…Sa présence, étrange, semblait envahir tout le petit parc, le petit parc derrière l’abbatiale mon ami…Te souviens tu, là ou tu es de ce petit parc derrière l’abbatiale…


« -Aidez moi à marcher, je voudrais que nous allions jusqu’au cloître si vous le voulez bien… »


Je sentis le bras de mon ami serré le mien, je sentis les lambeaux de sa chair à travers les gants qui recouvrait ses « mains » torturées par la vie, je sentis cette peau et toute la tristesse qui en émanait. On devinait facilement que ces vêtements n’était pas un choix esthétique mais bien plutôt une façon de cacher ce corps malade…Mais malade de quoi ? Je ne le savais pas encore…


« -Vous vous apprêtez à faire un beau voyage…Je ne me sauverais pas, mais peut être je vous sauverez… »



C’est habillé de silence que nous pénétrâmes le cloître abandonné depuis longtemps. Attenant à l’abbatiale en ruine, la place était sombre et seul la triste face blanche de mon ami semblait éclairé l’inquiétante pénombre. Il s’arrêta là un instant puis s’assit sur les marches de pierres humides qui montaient vers une porte de bois donnant sans doute sur l’intérieur de l’abbatiale.



« -Permettez que je reprenne mon souffle…Ne trouvez vous pas que cet endroit suinte le sacré…Plus personne n’y vient…Voilà à peine un an, que je suis arrivé ici et je n’y est encore vu personne ou presque… »


Il avait grand mal à respirer et je devinais sous le masque un rictus de souffrance…J’étais encore loin, très loin de la vérité…


« - Vous avez dit personne ou presque ?


-Ah je vois qu’il n’y a pas que ma face qui vous intéresse et vous intrigue…Comme je vous l’ai dit hier, je n’ai pas toujours été un monstre…J’ai même été, comme vous un jeune homme, pas des plus beau mais un jeune homme tout de même…Et là ou vous marchez, gît deux corps inertse…Le mien et celui d’une fée…Une fée à la chevelure rousse, une fée qui parlait aux étoiles comme je ne saurais jamais le faire, une fée voyez vous. Une fée fragile, comme toutes les fées. Mais on ne sait jamais ces choses là…Et c’est là, précisément ou vous vous trouvez que se trouve la tombe de mon amour…Là qu’est à jamais endormit le souffle de notre désir, les caresses qui sont autant de promesses trahis, de baisés qui n’ont plus de lendemain… »



Je reculais, stupéfait. Une tombe ? Je réalisais alors que j’étais là, dans la nuit, dans un cloître abandonné, avec un type qui se cachait le visage derrière un masque blanc et qui me parlait de fée. Moi, la seule fée que je connaissais alors, c’était la fée verte…Et sur le coup, pardonne moi mon ami, mais je l’ai bien regretté ma fée verte…



« -Et oui, très cher, je vous voit surpris…Une fée vous dis-je ? Et je ne vous demande pas de me croire…Mais si vous saviez et si les murs pouvaient parlé, ils vous diraient ce que je ne peux vous dire…Les murs savent et vous apprendrez…J’en suis sur…Rentrons ! »



Je m’aprettais à faire demi-tour mais il me rappela aussitôt…



« -Et alors, vous vous en allez déjà…Vous ne voulez pas voire ? Car n’est ce pas, il vous faut voire pour croire ? C’est au prix de quelque regard que se monnaie la confiance chez vous…Aidez moi à me relever…Nous allons dans l’abbatiale… »



Rentrez dans l’abbatiale ? Il faut imaginer, voyageur, que si tu t’égares par là, tu ne la verras jamais comme je la voyais à cette époque. C’était un monument étrange que cette abbatiale, haute, cerclé de gargouilles monstrueuses que le temps avait ridées, une charpente si haute qu’elle tutoyait les cieux, mais aussi si croulante qu’aucun homme n’était montée assez haut pour en réparer les poutres effondrées…C’était un monument finis, un monument qui devrait un jour disparaître…Peut être le lendemain même…



« -Si haut oui, qu’aucun homme n’y est allé, c’est vrai…Mais je ne suis plus homme et malgré ma santé fragile et mon corps vacillant, bien plus vacillant que ce monument perdus, je répond de votre sécurité… »



Je le suivais donc…Sait on toujours pourquoi nous poussons des portes ? Sait on toujours pourquoi nous voulons des ailleurs et des autres ? Ah, si j’avais eut le droit de regarder par le trou de la serrure et si j’avais vu, si je t’avais vu mon ami, comme je te vois aujourd’hui, toi qui la rejoint maintenant, je n’aurais pas hésité un instant, je l’aurais poussé cette porte et si c’était à refaire, je la pousserais à nouveau…Porte ouvre toi…Porte ouvre toi encore…Encore…Oh mon ami !! Oh Séléne !! Pourquoi ?? Que reste t’il de toi ?? Que reste t’il quand tout est finis ? Combien d’années de remords, combien d’année de pourquoi !!



« -Entrez…Mais faîtes bien attention, nous ne sommes malgré tout que des invités… »


Je fronçais les sourcils…



« -Mais non, ne craignez rien, j’ai tout de même mes habitudes… »



Nous pénétrâmes alors dans ce qui était une église froide et déshabillée de toutes ses reliques. Seul dans un coin, un tableau, de grande taille, représentant la plus belle femme que je vis jamais de ma vie…Et je le jure, et que Dieu ou Diable m’en soit témoin, je tombais amoureux de ce tableau…La chevelure rousse, la peau blanche, dans un paysage nocturne, un sourire avec une petite fossette sur la joue droite et des yeux…Ces yeux devait être le cœur de l’automne…Un automne sublime au creux duquel j’aurais bien voulut me reposer une vie entière…Oui, une de ces femmes à qui l’on donne tout, tout de suite…



Je vis la face blanche, la face du rien de mon ami et je compris alors ce qui les liait…



« -Retenez bien ce visage, camarade de mes nuits sans fonds…Retenez bien ce visage, car vous en verrez un autre tout à l’heure…Cet autre visage, il est le prix à payer pour tout homme qui aime et qui blesse la fée des fées, la reine de l’automne…Mon cœur, ma vie, ma mort…Je vous présente Séléne, ma bien aimée, mon amour et mon unique…Mais ne nous attardons pas…Il nous faut voire maintenant l’envers du décor avant l’arrivée du jour… »



Je fus alors contraint et forcé de quitter ce visage féerique et sa chevelure et ses yeux et...


Nous quittâmes donc la fée…Oui, mon ami tu avais raison, une fée…



Il s’arrêta devant un confessionnal, tombé à l’abandon depuis des siècles…


Il le fixa un certain temps…


Au dessus on pouvait lire : « Si c’est les rivages de l’hiver que tu fuis, monte, mais n’oublis pas ta part de joie…Sinon fuis ces lieux… »



« -C’est bon, très cher, nous pouvons prendre place…mais n’oubliez pas, souriez…Souriez…Même dans la tristesse, souriez…Et même souriez pour moi car sourire m’est devenus impossible… »



Alors sans demandé mon reste, encore marqué par le sublime visage du tableau, je montais dans le confessionnal.


Un bruit sourd se fit entendre, quelque part dans les tréfonds de la terre, se mettait en route un mécanisme étrange, que je devinais complexe et peut être magique…Croyez le, le confessionnal, s’éleva alors le long du mur et nous conduisit vers le plus haut point de cette abbatiale, là haut vers cette flèche qui tutoyait les étoiles…Une sorte d’ascenseur si vous voulais, qui me conduisit, vers un endroit plus étranges encore, comme l’on n’en voit que dans les contes…Et en plus de te rencontrer véritablement pour la première fois mon ami, car on ne se rencontre vraiment que lorsque les cœurs se livrent sincèrement, je devais voire la « chose » qui transforma ma vie à jamais…



To Be Continued….

Je dédis ce texte à deux personnes, deux bloggeuses que je ne citerais pas, par discrétion, par égard pour elle et par timidité sans doute aussi...C'est étrange comme des personnes que vous ne connaissez qu'à peine peuvent vous aider...L'une en écrivant une danse qui peu ressembler à votre vie et l'autre en prenant cette douleure de Noël!! Et oui car il y a des gens qui sont seuls à Noël...Je serais seul, je passerais la soirée en compagnie d'un livre (un conte de fées sans doute...) et une tasse de thé! Car ni les cotillons et encore moins l'alcool ne sont fait pour moi...Je ne bois pas (à part de l'absynthe, de temps à autre qu'en les lieux s'y prête et les personnes aussi!!) et je n'ai pas le coeur à rire...Car la dernière fois qu'on ma souhaité bonne année, je ne l'ai pas finis l'année!!!

Toutes mes pensées aussi vers mon coscénariste, qui m'a aider à reprendre gout...Tout simplement merci...

Et pour finir, c'est vers toi que je me tourne petit fée...Puisses tu peut être un jour te retourner et à nouveau croire en moi comme je crois en toi...Avec tout mon amour...

Le tableau est de Dante Gabrielle Rosseti.

Ce texte a été écrit sur : Corde Oblique (Prikosnovenie-Heavely), Ataraxia (Heavenly Voice)et Lisa Gerrard (Un ange passe) et Louisa John Kroll ( comme un souvenir tendre).

A bientôt...Paix et amour!

Corde Oblique : http://anonyme.archive-host.com/cordeoblique-03-casahirta_qc94rfdjcj.mp3