
Chapitre 0 : Car je suis un cri dans la nuit...
Ou comment je t’ai rencontré.
Ce soir là, la nuit était déjà bien avancée quand je descendais la rue Fontenelle. La douceur de cette nuit finissante et les rues désertes, m’invitaient à faire un détour comme pour prolonger mon ivresse. Je décidais donc de passer par le parc au pied de la vielle abbatiale. En cette heure, le jardin public n’était qu’une masse d’ombre, qui m’invitait à pénétrer plus profond encore dans les ténèbres.
Je n’avais pas fait trois pas, qu’un bruit, un sifflement, attira mon attention. Il est bien rare de rencontrer en ces heures, des gens arpentant le dédale obscur du noir de nos villes…Je tournais donc mon regard vers le fond du parc et je vis sur un banc, une masse recroquevillée sur elle-même et, du fait du faible éclairage, je n’aurais pu dire sur le moment s’il s’agissait d’un homme ou d’autre « chose ».
Il faut vous dire que ce lieu et ce banc là, ont vraiment quelque chose de particulier…De chaque côté de ce banc, se trouve deux Lions, comme on peut en voire en chine, des Lions porte bonheur, avec des corps de dragons…Bientôt ces deux chimères n’allaient pas tarder à me livrer leur plus terrible secret. C’est là que j’allais faire la rencontre la plus bouleversante de ma vie, la plus singulière aussi…
Je dois vous avouer que jusqu'à ce que le je le vois et jusqu’à ce que je lui parle, je n’étais pas grand-chose. Je me riais de la vie et donc de la mort, j’injuriais l’amour et mes relations n’étaient que des érotismes passager.
Je m’approchais donc du sifflement et je vis la plus triste des choses. Dans la nuit, il y avait une face blanche, très blanche qui brillait. Il ne s’agissait pas là, d’un visage blême, mais d’un masque avec deux trous pour les yeux et une fente pour la bouche. Ce visage artificiel était le prolongement d’un cou tordu qui sortait d’une bosse, que j’aurais du mal à appeler corps. Il s’agissait d’une sorte de boule avec cet atroce masque qui recouvrait je ne sais quoi. Dans la pénombre, je vis, accroché à une canne, des mains déformées, comme amputées…Je sursautais et même reculais.
« - Je vous ai fait peur ? »
La voix était humaine et même agréable et douce s’il n’y avait pas eut ce sifflement sortant de derrière ce masque. Je devinais alors que l’homme respirait avec grande difficulté.
« - N’ayez crainte, je ne suis un monstre que de l’extérieur. »
Je n’ai rien répondus. Je ne sais pas pourquoi mais j’ai su des les premières phrases qu’il avait prononcé que ma vie allait être changée dés cet instant d’une façon irrémédiable.
« - Je ne fais confiance qu’aux hommes de la nuit et je vois que vous en êtes un… »
Je restais là, les yeux fixés sur cet homme. Je dois vous avouer que c’est la curiosité qui m’a fait accepter son invitation à m’asseoir à ses côtés.
« - La nuit porte en elle les traces de ceux qui veulent errer sans avoir à glisser sous les regards convenus, les sourires faux et les bouches bruyantes…La nuit c’est l’heure des exilés de la vie, ceux qui savent marcher sur le cadavre terre sans lever les yeux vers les étoiles. »
A ce moment, je ne comprenais pas, mais sa voix avait un certain charme et je suis resté. Je suis resté jusqu’au bout mon ami et je crois bien avoir été le seul. Je suis revenu bien des fois en ce jardin, qui était aussi la tombe de ton amour. Mais cela je ne l’ai su que plus tard.
« - Je pense que nous sommes tous des exilés. Il y a longtemps que j’ai perdu mon royaume. L’exile n’a pas de couleur, ni de peau, ni de cœur… »
Je n’osais le regarder et, alors qu’il entrecoupait ses phrases de silence, je me voyais moi aussi comme un être perdus. Je lui demandais son nom.
« -J’ai eut bien des noms. Des noms humains, des noms de bêtes mais tout ceux la sont morts…Appelez moi Rémy. Je crois que c’est sous cette appellation que beaucoup me reconnaîtront. Même si Rémy est mort. »
Je levais mon regard vers le masque qui me parlait et, je ne sais pas pourquoi, je devinais sous cette carapace blanche un visage triste, plus triste encore que la tristesse. Instinctivement, je me pris d’amitié pour cet étrange personnage.
« -Non, dit il, pas tout de suite…Mais vous savez, je n’ai pas toujours était comme ça…Quand la vie vous lâche, elle vous ampute, petit bout par petit bout…Et ça dure, ça dure. Jusqu’à ce que mort s’en suive ! »
Je ne sais pas si ces yeux croisèrent vraiment mon regard ce soir là mais quelque chose de nouveau entra dans ma vie…
« - Les gens passent par ici, mais il ne s’arrête pas. Vous savez j’ai connut bien des villes et bien des endroits mais c’est ici que tout va finir, c’est ici qu’est la tombe de mon amour et c’est ici que je m’arrêterais définitivement. »
Ses doigts difformes seraient le pommeau de sa canne, le corps d’une femme nue.
« -Il se trouve que vous venez de croiser ma route et vous serez le dernier à connaître… »
J’allais lancer une objection, mais le masque tourna sa tête vers moi.
« Regardez autour de vous, il n’y a personne…Si vous êtes venus, il y a une raison. Les gens ne se croisent pas impunément. Pourquoi vous je ne sais pas…Revenez demain… »
Il se leva alors et je pu voire ce corps, tordus, bossu, gonflé et j’avoue que se fut la seule fois que j’eus comme une sorte de dégoût en voyant ce corps malade, ce corps monstrueux.
Il se retourna alors vers moi et je vous jure que le masque pleuré, je vous jure que le masque semblait s’être transformé en une empreinte de douleur qui me pétrifia et me gela jusqu’au plus profond de mon coeur. Je ne sais pas ce qui se dissimulait derrière mais ce qui était certain c’était la souffrance qui débordait de toute part, une souffrance que même le masque ne savait retenir.
« -Je n’ai pas toujours était comme ça vous savez…Seul le beau voit le laid…Nous autres les monstres savons aimé mieux que quiconque…Revenez demain. »
Se furent les derniers mots que prononça mon étrange compagnon pour cette nuit. Je savais déjà que je reviendrais le lendemain.
Oh mon ami, si tu savais…Le manque d’autrui est la pire des choses. Le monde sans l’autre est un monstre…Le vrai monstre, c’est le monde sans toi…Tu me manques, comme elle te manquait…Je ne connaissais pas encore son nom…
Mon ami tu me manques…
Ou comment je t’ai rencontré.
Ce soir là, la nuit était déjà bien avancée quand je descendais la rue Fontenelle. La douceur de cette nuit finissante et les rues désertes, m’invitaient à faire un détour comme pour prolonger mon ivresse. Je décidais donc de passer par le parc au pied de la vielle abbatiale. En cette heure, le jardin public n’était qu’une masse d’ombre, qui m’invitait à pénétrer plus profond encore dans les ténèbres.
Je n’avais pas fait trois pas, qu’un bruit, un sifflement, attira mon attention. Il est bien rare de rencontrer en ces heures, des gens arpentant le dédale obscur du noir de nos villes…Je tournais donc mon regard vers le fond du parc et je vis sur un banc, une masse recroquevillée sur elle-même et, du fait du faible éclairage, je n’aurais pu dire sur le moment s’il s’agissait d’un homme ou d’autre « chose ».
Il faut vous dire que ce lieu et ce banc là, ont vraiment quelque chose de particulier…De chaque côté de ce banc, se trouve deux Lions, comme on peut en voire en chine, des Lions porte bonheur, avec des corps de dragons…Bientôt ces deux chimères n’allaient pas tarder à me livrer leur plus terrible secret. C’est là que j’allais faire la rencontre la plus bouleversante de ma vie, la plus singulière aussi…
Je dois vous avouer que jusqu'à ce que le je le vois et jusqu’à ce que je lui parle, je n’étais pas grand-chose. Je me riais de la vie et donc de la mort, j’injuriais l’amour et mes relations n’étaient que des érotismes passager.
Je m’approchais donc du sifflement et je vis la plus triste des choses. Dans la nuit, il y avait une face blanche, très blanche qui brillait. Il ne s’agissait pas là, d’un visage blême, mais d’un masque avec deux trous pour les yeux et une fente pour la bouche. Ce visage artificiel était le prolongement d’un cou tordu qui sortait d’une bosse, que j’aurais du mal à appeler corps. Il s’agissait d’une sorte de boule avec cet atroce masque qui recouvrait je ne sais quoi. Dans la pénombre, je vis, accroché à une canne, des mains déformées, comme amputées…Je sursautais et même reculais.
« - Je vous ai fait peur ? »
La voix était humaine et même agréable et douce s’il n’y avait pas eut ce sifflement sortant de derrière ce masque. Je devinais alors que l’homme respirait avec grande difficulté.
« - N’ayez crainte, je ne suis un monstre que de l’extérieur. »
Je n’ai rien répondus. Je ne sais pas pourquoi mais j’ai su des les premières phrases qu’il avait prononcé que ma vie allait être changée dés cet instant d’une façon irrémédiable.
« - Je ne fais confiance qu’aux hommes de la nuit et je vois que vous en êtes un… »
Je restais là, les yeux fixés sur cet homme. Je dois vous avouer que c’est la curiosité qui m’a fait accepter son invitation à m’asseoir à ses côtés.
« - La nuit porte en elle les traces de ceux qui veulent errer sans avoir à glisser sous les regards convenus, les sourires faux et les bouches bruyantes…La nuit c’est l’heure des exilés de la vie, ceux qui savent marcher sur le cadavre terre sans lever les yeux vers les étoiles. »
A ce moment, je ne comprenais pas, mais sa voix avait un certain charme et je suis resté. Je suis resté jusqu’au bout mon ami et je crois bien avoir été le seul. Je suis revenu bien des fois en ce jardin, qui était aussi la tombe de ton amour. Mais cela je ne l’ai su que plus tard.
« - Je pense que nous sommes tous des exilés. Il y a longtemps que j’ai perdu mon royaume. L’exile n’a pas de couleur, ni de peau, ni de cœur… »
Je n’osais le regarder et, alors qu’il entrecoupait ses phrases de silence, je me voyais moi aussi comme un être perdus. Je lui demandais son nom.
« -J’ai eut bien des noms. Des noms humains, des noms de bêtes mais tout ceux la sont morts…Appelez moi Rémy. Je crois que c’est sous cette appellation que beaucoup me reconnaîtront. Même si Rémy est mort. »
Je levais mon regard vers le masque qui me parlait et, je ne sais pas pourquoi, je devinais sous cette carapace blanche un visage triste, plus triste encore que la tristesse. Instinctivement, je me pris d’amitié pour cet étrange personnage.
« -Non, dit il, pas tout de suite…Mais vous savez, je n’ai pas toujours était comme ça…Quand la vie vous lâche, elle vous ampute, petit bout par petit bout…Et ça dure, ça dure. Jusqu’à ce que mort s’en suive ! »
Je ne sais pas si ces yeux croisèrent vraiment mon regard ce soir là mais quelque chose de nouveau entra dans ma vie…
« - Les gens passent par ici, mais il ne s’arrête pas. Vous savez j’ai connut bien des villes et bien des endroits mais c’est ici que tout va finir, c’est ici qu’est la tombe de mon amour et c’est ici que je m’arrêterais définitivement. »
Ses doigts difformes seraient le pommeau de sa canne, le corps d’une femme nue.
« -Il se trouve que vous venez de croiser ma route et vous serez le dernier à connaître… »
J’allais lancer une objection, mais le masque tourna sa tête vers moi.
« Regardez autour de vous, il n’y a personne…Si vous êtes venus, il y a une raison. Les gens ne se croisent pas impunément. Pourquoi vous je ne sais pas…Revenez demain… »
Il se leva alors et je pu voire ce corps, tordus, bossu, gonflé et j’avoue que se fut la seule fois que j’eus comme une sorte de dégoût en voyant ce corps malade, ce corps monstrueux.
Il se retourna alors vers moi et je vous jure que le masque pleuré, je vous jure que le masque semblait s’être transformé en une empreinte de douleur qui me pétrifia et me gela jusqu’au plus profond de mon coeur. Je ne sais pas ce qui se dissimulait derrière mais ce qui était certain c’était la souffrance qui débordait de toute part, une souffrance que même le masque ne savait retenir.
« -Je n’ai pas toujours était comme ça vous savez…Seul le beau voit le laid…Nous autres les monstres savons aimé mieux que quiconque…Revenez demain. »
Se furent les derniers mots que prononça mon étrange compagnon pour cette nuit. Je savais déjà que je reviendrais le lendemain.
Oh mon ami, si tu savais…Le manque d’autrui est la pire des choses. Le monde sans l’autre est un monstre…Le vrai monstre, c’est le monde sans toi…Tu me manques, comme elle te manquait…Je ne connaissais pas encore son nom…
Mon ami tu me manques…
PS : Bien sur ces mots sont entièrement tournés vers toi P VP...Ils sont pour toi...Avec tout mon amour...Même s'il ne sert plus à rien...
Re PS : Pour des raisons évidentes il s'agit là d'une version plus courte du chapitre...Peut être un jour...
Ils ont été écrit sur la musique des : Dresden Dolls, The Cure et Louisa John Kroll...
L'illustration est de Monet.

