
La dernière maison sur la gauche.
(The Last House on The Left)
USA-1972.
Réalisation, scénario, montage : Wes Craven.
Interprètes : David Hess, Lucy Grantham, Sandra Cassel, Marc Scheffler, Ada Washington, Fred J. Lincoln.
Images : Victor Hurwitz.
Musique : David Alexander Hess.
Production :Sean S. Cunningham Films Ltd.
Durée : 82 minutes.
Synopsis : Mary Collinwood et son ami Phyllis Stone s’en vont à un concert. Mais voilà sur leur route elle croise Krug et sa drôle de famille. L’horreur la plus abjecte peut commencer…
(The Last House on The Left)
USA-1972.
Réalisation, scénario, montage : Wes Craven.
Interprètes : David Hess, Lucy Grantham, Sandra Cassel, Marc Scheffler, Ada Washington, Fred J. Lincoln.
Images : Victor Hurwitz.
Musique : David Alexander Hess.
Production :Sean S. Cunningham Films Ltd.
Durée : 82 minutes.
Synopsis : Mary Collinwood et son ami Phyllis Stone s’en vont à un concert. Mais voilà sur leur route elle croise Krug et sa drôle de famille. L’horreur la plus abjecte peut commencer…
Il est ainsi quelques réalisateurs, franc tireurs, marchant en parallèle au système qui ne craignent rien ni personne, prêt à aller là ou aucun autre n’ose s’aventurer, qui décident d’aller jusqu’au bout du cauchemar, ce même cauchemar que nous essayons tant bien que mal d’occulter chaque jour mais qui est pourtant là, bien présent, au quotidien oserais-je dire. Des réalisateurs qui nous rappellent que ce que nous appelons couramment horreur, fantastique ou gore, n’est pas uniquement un genre qui sert à faire frissonner lors de soirées pop corn (quoique je n’ai rien contre et je dirais même que j’en raffole !!), ni un simple spectacle pervers et obscène. Non, parfois il s’agit de bien plus que cela et là ou la critique crie au scandale, il nous faut voire une œuvre à part entière.
C’est le cas de La dernière maison sur la gauche, sortie en 1972. Wes Craven fait partie de ces réalisateurs qui tentent, qui osent et cela dans au moins deux de ces films, à mon avis les plus remarquables de sa longue filmographie et même de l’histoire du cinéma en général. Ces deux films sont pour moi La dernière maison sur la gauche et La colline à des yeux (là, tout est dans le titre et surtout zapper le remake d’Alexandre Aja !).
Craven, tout au long de sa carrière n’a toujours en faîtes que filmé la réalité la plus abrupt, même dans Freddy ou le fantastique n’est qu’un prétexte, la déclinaison du conte et des archétypes Jungien (en un mot un méchant loup et de pauvres jeunes filles, la base de tout, pour vous simplifier la chose). Car le sujet de Craven n’a toujours était que sociologique…La base de la plupart de ces films, du moins de ces plus réussies encore une fois, c’est la famille et plus particulièrement la destruction de cette cellule familiale et le mirage qu’elle nous propose. L’œuvre de Craven jette un regard sur l’une des unités les plus minimale de la société, le cocon familiale donc, et montre combien celui-ci n’est que poussière et combien la plupart du temps l’individus est bien plus animal que ce qu’il le croit avec la cruauté en plus (à ce sujet La colline a des yeux est son film le plus réussit et cet aspect est malheureusement complètement effacé par Aja). Le fameux cerveau reptilien est l’essence même du film d’horreur et plus particulièrement du slasher, c'est-à-dire du film ou le héros n’a qu’un seul but : sa survie coûte que coûte face au « croque mitaine » que celui-ci s’appelle Freddy, Jason ou Myers. La question est toujours de savoir contre quoi on lutte et non pourquoi. Craven déclinera d’ailleurs ce thème dans l’une de ces œuvres les plus marquants, qui relancera le goût pour ce genre de film auprès de la jeune génération : Scream (on notera encore une fois la force des titres chez ce réalisateur !). Dans Scream donc, Sidney (la fabuleuse Neve Campbell !!), doit survivre face à un Slasher portant le masque de l’angoisse (référence à Munch et génie de la mise en scène plastique) tout en évoluant au sein d’une famille qui n’en est pas vraiment une, puisque la mère est absente, morte et qu'elle n’était d’ailleurs pas forcement fréquentable de son vivant. Et tout le film peut se résumer à cette sombre histoire de famille…J’y reviendrai plus tard. On retrouve aussi ce thème dans Freddy premier du nom…
Mais la première héroïne cravienne (voici un jolie néologisme n’est ce pas…Mais avec ce réalisateur on est presque obligé !!) est Mary Colinwood (Sandra Cassel Lincoln) et elle rencontre le premier vrai méchant cravien, dénommé Krug.
Mary est une jeune fille « bien », tout ce qu’il y a de plus normal, un père, une mère, un chien, une grande maison etc…C’est son anniversaire, Mary va devenir une femme, elle va changer, évoluer…Les images de Craven sont d’ailleurs à ce niveau plus qu’éloquentes, le film s’ouvrant sur une nature et ces arbres aux couleurs automnales. Alors que Mary atteint le printemps, la fleur de l’âge, à l’écran les feuilles tombent et la nature se prépare au grand sommeil ! Dès les premiers plans, c’est tout le génie de Craven qui explose, toute la symbolique du décalage, les jeux troublants des oppositions c’est à dire tout le système sur lequel est bâtie La dernière maison sur la gauche. Plan troublé, pudique de Mary sous la douche, vue ou plutôt non vue, à travers un rideau de douche, reflet dans l’eau des sous bois...On comprend ici la mise en parallèle…
Musique country, allusion au Leaving Theatre et à toutes les illusions (j’insiste volontairement sur le mot !) des années 60’s. Bien sur Mary est dans l‘air du temps et elle s’en va avec sa meilleur amie à une de ces représentations à la mode à l’époque et ce contre l’avis de ces parents qui viennent tout de même de lui offrir un pendentif Peace And Love. Conflits des générations, décalage de l’âge, premier acte de la « décomposition » de la cellule familiale ! Il faut bien que jeunesse se fasse. Génie encore de l’écriture chez Craven, puisque tout cela est dit en l’espace d’à peine dix minutes et tout passe par l’image en un minimum de dialogues…
Mais, encore une fois, La dernière maison sur la gauche a aussi tout d’un conte. Les jeunes filles, les sous bois et le vilain loup. Ne reste plus qu’à trouver la morale !!
Comme dans un conte, disais-je, Mary Collinwood (noté le choix du nom et du prénom !) descends dans les bas quartiers pour y trouver bien malgré elle le loup. Décalage à nouveau entre la vie de Mary, sa grande maison et tout le reste et ce genre de quartier…Ce loup que croisent les deux jeunes filles se nomme Krug, c’est le visage de l’horreur qui apparaît. Chez Craven il semblerait presque qu’il n’est qu’un seul nom, Krug qui devient plus tard Krueger…Il faut s’arrêter quelque temps sur l’évolution de ce personnage. Figure humaine dans La dernière maison sur la gauche, brûlé et écorché vif dans la saga Freddy pour devenir un « hybride » dans Scream car à la fois masque et humain, doublement humain (ou monstre c’est au choix) car derrière ce masque ce cache deux personnes !
Mais ici, le visage de l’horreur est humain trop humain…Je vous l’ai dit plus haut, Craven livre un film diablement réaliste ce qui renforce la cruauté de ce métrage. La suite est bien connue, les deux jeunes filles vont être violées et torturées. C’est d’ailleurs en partie ce qu’en a retenus la critique de l’époque, un vulgaire film pervers, à sensation forte, pour malade mental. Un simple Rape and Revenge (tu me violes je me venge)…Je ne suis pas très connaisseur du genre et je crois qu’en dehors du pendable I spit on your grave, je n’en ai pas vu d’autre…A moins que l’on considère Le vieux fusil comme un Rape and Revenge…
Viol et vengeance donc, un film qui nous met à la place du voyeur, qui nous oblige la vision frontale de l’horreur…Mais là ou par exemple un film comme I spit on your grave justement, adopte le blabla linéaire, la vison violente et voyeuriste, Craven transcende le genre et énième coup de génie va bien plus loin !
Ce coup de génie c’est l’opposition, la confrontation de deux univers, par l’utilisation du montage et plus particulièrement du montage en parallèle. Pour faire simple deux actions en lieux différents mais se passant en même temps son montrées successivement à l’écran. Ici en l’occurrence, toujours dans le souci d’aborder la cellule familiale, Craven oppose dans un montage parallèle, la famille Krug et la famille Collinwood. Ainsi, alors que les parents de Mary préparent innocemment son anniversaire, leur fille se fait violer. La famille ne protége de rien ! Subtilité de Craven, qui a défaut de grand moyen utilise toutes les ressources du cinéma pour faire de La dernière maison sur la gauche un superbe film.
Opposition donc de deux familles. L’une aisée, riche etc…L’autre vivant dans un tout petit appartement, baisant les uns devant les autres, on serait même en droit de se poser la question de la consanguinité, buvant etc…Vous voyez le tableau…Deux types de familles mais aucune n’est mieux que l’autre…Il n’y a rien de bon dans le monde de Craven, rejetant à la fois le mode de vie 60’s (hippie on va dire) et à la fois le mode de vie bourgeois (il s’agit là d’un raccourcit et j’espère que l’idée est malgré tout comprise !)…Avec Craven, tout est foutue. Car répondant au schéma Rape and Revenge, après le viol vient la vengeance. Et là se sont les parents de la pauvre petite Mary qui font preuve d’une ingéniosité animal pour venger leur fille, cruauté qui ne vaut pas mieux que c’elle de la famille Krug …Cette petite famille bourgeoise bien pensante se montre violente, la femme sait comment attirer les hommes (et vas y que je te la bouffe au bord de la piscine !!) et lui brave médecin des familles sait créer des piéges, pareilles à ceux que la jeunesse américaine devait poser et subir à la même époque au Vietnam…On comprend maintenant toute la grandeur du film de Craven…Engagé, dénonciateur et d’un pessimisme ! L’homme ne vaut guère mieux qu’un animal, l’homme est un loup pour l’homme et le réalisateur renvoie du même coup dos à dos l’américain et le vietminh, le truand et le juge, le coupable et la victime ! En écorchant la cellule familiale c’est tout un système qu’attaque Craven et tout le reste qui s’effondre.
Mais Craven surenchérit dans le troublant quand il injecte dans l’inhumanité de l’humanité…Plan sublime, mais atroce, ou Mary vient de se faire violer et instinctivement, elle avance alors, de dos, dans l’eau d’une petite mare (importance de l’eau bien sur à la fois baptême, lavement, et aussi référence au film La source de Bergman, dont la dernière maison sur la gauche se veut être un remake)…Plan suivant, serré, les visages des tortionnaires, avec entre autre Krug qui se tord les mains ensanglantés, presque gêné et choqué par ce qu’il vient de faire. Seul moment de fausse humanité dans le film et il vient du côté le plus sombre…
Et que dire des flics, rôles pas si secondaires que ça, traités comme des sortes de Laurel et Hardy, idiots, incapables de ne rien faire ! Il faut les voire au milieu des poulets sur cette route de campagne pas si tranquille ! Ridicule !
Craven livre donc là, à mon humble avis, un très grand film, une œuvre totale qu’il serait bien trop facile de cataloguer en simple film choque. D’autant plus que les images sont superbes, réalisait avec peu de moyen (certains acteurs viennent du porno et la production est de Sean S Cunningham futur réalisateur de Vendredi 13 à l’époque spécialisé dans le porno !) mais qui s’est être sacrément convaincant.
Certaines images malgré tout sont d’une pure beauté…Et qu’elles sont ces images ? C’elle de la nature qui continue son cycle comme si de rien n’était, ce foutant bien de l’humanité, ou plutôt de la non humanité qui la traverse, la foule et la souille !
Il n’y a que dans La colline à des yeux que Craven ira aussi loin avec cette famille déracinée avançant avec sa caravane dans un désert troublé par les expériences nucléaires …Je reviendrais sur ce film un peu après. Laissons nous déjà le temps de nous remettre de la dernière maison sur la gauche.
C’est le cas de La dernière maison sur la gauche, sortie en 1972. Wes Craven fait partie de ces réalisateurs qui tentent, qui osent et cela dans au moins deux de ces films, à mon avis les plus remarquables de sa longue filmographie et même de l’histoire du cinéma en général. Ces deux films sont pour moi La dernière maison sur la gauche et La colline à des yeux (là, tout est dans le titre et surtout zapper le remake d’Alexandre Aja !).
Craven, tout au long de sa carrière n’a toujours en faîtes que filmé la réalité la plus abrupt, même dans Freddy ou le fantastique n’est qu’un prétexte, la déclinaison du conte et des archétypes Jungien (en un mot un méchant loup et de pauvres jeunes filles, la base de tout, pour vous simplifier la chose). Car le sujet de Craven n’a toujours était que sociologique…La base de la plupart de ces films, du moins de ces plus réussies encore une fois, c’est la famille et plus particulièrement la destruction de cette cellule familiale et le mirage qu’elle nous propose. L’œuvre de Craven jette un regard sur l’une des unités les plus minimale de la société, le cocon familiale donc, et montre combien celui-ci n’est que poussière et combien la plupart du temps l’individus est bien plus animal que ce qu’il le croit avec la cruauté en plus (à ce sujet La colline a des yeux est son film le plus réussit et cet aspect est malheureusement complètement effacé par Aja). Le fameux cerveau reptilien est l’essence même du film d’horreur et plus particulièrement du slasher, c'est-à-dire du film ou le héros n’a qu’un seul but : sa survie coûte que coûte face au « croque mitaine » que celui-ci s’appelle Freddy, Jason ou Myers. La question est toujours de savoir contre quoi on lutte et non pourquoi. Craven déclinera d’ailleurs ce thème dans l’une de ces œuvres les plus marquants, qui relancera le goût pour ce genre de film auprès de la jeune génération : Scream (on notera encore une fois la force des titres chez ce réalisateur !). Dans Scream donc, Sidney (la fabuleuse Neve Campbell !!), doit survivre face à un Slasher portant le masque de l’angoisse (référence à Munch et génie de la mise en scène plastique) tout en évoluant au sein d’une famille qui n’en est pas vraiment une, puisque la mère est absente, morte et qu'elle n’était d’ailleurs pas forcement fréquentable de son vivant. Et tout le film peut se résumer à cette sombre histoire de famille…J’y reviendrai plus tard. On retrouve aussi ce thème dans Freddy premier du nom…
Mais la première héroïne cravienne (voici un jolie néologisme n’est ce pas…Mais avec ce réalisateur on est presque obligé !!) est Mary Colinwood (Sandra Cassel Lincoln) et elle rencontre le premier vrai méchant cravien, dénommé Krug.
Mary est une jeune fille « bien », tout ce qu’il y a de plus normal, un père, une mère, un chien, une grande maison etc…C’est son anniversaire, Mary va devenir une femme, elle va changer, évoluer…Les images de Craven sont d’ailleurs à ce niveau plus qu’éloquentes, le film s’ouvrant sur une nature et ces arbres aux couleurs automnales. Alors que Mary atteint le printemps, la fleur de l’âge, à l’écran les feuilles tombent et la nature se prépare au grand sommeil ! Dès les premiers plans, c’est tout le génie de Craven qui explose, toute la symbolique du décalage, les jeux troublants des oppositions c’est à dire tout le système sur lequel est bâtie La dernière maison sur la gauche. Plan troublé, pudique de Mary sous la douche, vue ou plutôt non vue, à travers un rideau de douche, reflet dans l’eau des sous bois...On comprend ici la mise en parallèle…
Musique country, allusion au Leaving Theatre et à toutes les illusions (j’insiste volontairement sur le mot !) des années 60’s. Bien sur Mary est dans l‘air du temps et elle s’en va avec sa meilleur amie à une de ces représentations à la mode à l’époque et ce contre l’avis de ces parents qui viennent tout de même de lui offrir un pendentif Peace And Love. Conflits des générations, décalage de l’âge, premier acte de la « décomposition » de la cellule familiale ! Il faut bien que jeunesse se fasse. Génie encore de l’écriture chez Craven, puisque tout cela est dit en l’espace d’à peine dix minutes et tout passe par l’image en un minimum de dialogues…
Mais, encore une fois, La dernière maison sur la gauche a aussi tout d’un conte. Les jeunes filles, les sous bois et le vilain loup. Ne reste plus qu’à trouver la morale !!
Comme dans un conte, disais-je, Mary Collinwood (noté le choix du nom et du prénom !) descends dans les bas quartiers pour y trouver bien malgré elle le loup. Décalage à nouveau entre la vie de Mary, sa grande maison et tout le reste et ce genre de quartier…Ce loup que croisent les deux jeunes filles se nomme Krug, c’est le visage de l’horreur qui apparaît. Chez Craven il semblerait presque qu’il n’est qu’un seul nom, Krug qui devient plus tard Krueger…Il faut s’arrêter quelque temps sur l’évolution de ce personnage. Figure humaine dans La dernière maison sur la gauche, brûlé et écorché vif dans la saga Freddy pour devenir un « hybride » dans Scream car à la fois masque et humain, doublement humain (ou monstre c’est au choix) car derrière ce masque ce cache deux personnes !
Mais ici, le visage de l’horreur est humain trop humain…Je vous l’ai dit plus haut, Craven livre un film diablement réaliste ce qui renforce la cruauté de ce métrage. La suite est bien connue, les deux jeunes filles vont être violées et torturées. C’est d’ailleurs en partie ce qu’en a retenus la critique de l’époque, un vulgaire film pervers, à sensation forte, pour malade mental. Un simple Rape and Revenge (tu me violes je me venge)…Je ne suis pas très connaisseur du genre et je crois qu’en dehors du pendable I spit on your grave, je n’en ai pas vu d’autre…A moins que l’on considère Le vieux fusil comme un Rape and Revenge…
Viol et vengeance donc, un film qui nous met à la place du voyeur, qui nous oblige la vision frontale de l’horreur…Mais là ou par exemple un film comme I spit on your grave justement, adopte le blabla linéaire, la vison violente et voyeuriste, Craven transcende le genre et énième coup de génie va bien plus loin !
Ce coup de génie c’est l’opposition, la confrontation de deux univers, par l’utilisation du montage et plus particulièrement du montage en parallèle. Pour faire simple deux actions en lieux différents mais se passant en même temps son montrées successivement à l’écran. Ici en l’occurrence, toujours dans le souci d’aborder la cellule familiale, Craven oppose dans un montage parallèle, la famille Krug et la famille Collinwood. Ainsi, alors que les parents de Mary préparent innocemment son anniversaire, leur fille se fait violer. La famille ne protége de rien ! Subtilité de Craven, qui a défaut de grand moyen utilise toutes les ressources du cinéma pour faire de La dernière maison sur la gauche un superbe film.
Opposition donc de deux familles. L’une aisée, riche etc…L’autre vivant dans un tout petit appartement, baisant les uns devant les autres, on serait même en droit de se poser la question de la consanguinité, buvant etc…Vous voyez le tableau…Deux types de familles mais aucune n’est mieux que l’autre…Il n’y a rien de bon dans le monde de Craven, rejetant à la fois le mode de vie 60’s (hippie on va dire) et à la fois le mode de vie bourgeois (il s’agit là d’un raccourcit et j’espère que l’idée est malgré tout comprise !)…Avec Craven, tout est foutue. Car répondant au schéma Rape and Revenge, après le viol vient la vengeance. Et là se sont les parents de la pauvre petite Mary qui font preuve d’une ingéniosité animal pour venger leur fille, cruauté qui ne vaut pas mieux que c’elle de la famille Krug …Cette petite famille bourgeoise bien pensante se montre violente, la femme sait comment attirer les hommes (et vas y que je te la bouffe au bord de la piscine !!) et lui brave médecin des familles sait créer des piéges, pareilles à ceux que la jeunesse américaine devait poser et subir à la même époque au Vietnam…On comprend maintenant toute la grandeur du film de Craven…Engagé, dénonciateur et d’un pessimisme ! L’homme ne vaut guère mieux qu’un animal, l’homme est un loup pour l’homme et le réalisateur renvoie du même coup dos à dos l’américain et le vietminh, le truand et le juge, le coupable et la victime ! En écorchant la cellule familiale c’est tout un système qu’attaque Craven et tout le reste qui s’effondre.
Mais Craven surenchérit dans le troublant quand il injecte dans l’inhumanité de l’humanité…Plan sublime, mais atroce, ou Mary vient de se faire violer et instinctivement, elle avance alors, de dos, dans l’eau d’une petite mare (importance de l’eau bien sur à la fois baptême, lavement, et aussi référence au film La source de Bergman, dont la dernière maison sur la gauche se veut être un remake)…Plan suivant, serré, les visages des tortionnaires, avec entre autre Krug qui se tord les mains ensanglantés, presque gêné et choqué par ce qu’il vient de faire. Seul moment de fausse humanité dans le film et il vient du côté le plus sombre…
Et que dire des flics, rôles pas si secondaires que ça, traités comme des sortes de Laurel et Hardy, idiots, incapables de ne rien faire ! Il faut les voire au milieu des poulets sur cette route de campagne pas si tranquille ! Ridicule !
Craven livre donc là, à mon humble avis, un très grand film, une œuvre totale qu’il serait bien trop facile de cataloguer en simple film choque. D’autant plus que les images sont superbes, réalisait avec peu de moyen (certains acteurs viennent du porno et la production est de Sean S Cunningham futur réalisateur de Vendredi 13 à l’époque spécialisé dans le porno !) mais qui s’est être sacrément convaincant.
Certaines images malgré tout sont d’une pure beauté…Et qu’elles sont ces images ? C’elle de la nature qui continue son cycle comme si de rien n’était, ce foutant bien de l’humanité, ou plutôt de la non humanité qui la traverse, la foule et la souille !
Il n’y a que dans La colline à des yeux que Craven ira aussi loin avec cette famille déracinée avançant avec sa caravane dans un désert troublé par les expériences nucléaires …Je reviendrais sur ce film un peu après. Laissons nous déjà le temps de nous remettre de la dernière maison sur la gauche.
Prochainement : Blood Feast et 2000 Maniacs ou quand le gore fait son entré au cinéma...Ou presque...
2 commentaires:
Superbe critique, à nouveau.
Il y a très longtemps que je n'ai pas vu "La dernière maison sur la gauche". Sa vision m'avait laissée dubitative, avec quelque chose de déchiré en moi. J'étais exactement au même âge, peut-être y ai-je transferé un peu de moi dans ces jeunes filles.
Tu es le premier que je lis à parler de conte. Et tu as tout à fait raison, car c'est ainsi que je l'ai vu la première fois. La forêt, le petit chaperon rouge, et le grand méchantloup. Si tu m'as lue sur mon journal, tu sais peut-être comme les contes sont mon univers, aussi je suis très heureuse de le lire ici. Le loup est dangereux, et qu'y a-t-il de plus dangereux que le sexe violent, que la perversité, une perversité qui me semble curieuse, dans le sens où les tueurs semblent éprouver de la curiosité à faire "ça". Une découverte du corps dans le sens le plus visceral du terme. Une espèce de métaphore, à mon sens...
Oh, et je n'avais pas fait attention, mais il y a tellement longtemps que je l'ai vu, à cette image de la jeunesse, le passage à l'âge adulte, les feuilles qui tombent. J'ai totalement occulté ce passage. Et ça me fait penser, comme un caillou du Petit Poucet, à Blanche Neige...sauf qu'ici, nul retour en arrière.
Et le cerveau reptilien...j'en ai parlé sur mon billet consacré à Jim Morrison.
Il est dommage, en effet, de ne retenir de ce film que l'aspect immonde, et voyeuriste.
Je crois que je n'ai pas grand chose à ajouter, j'ai déjà la sensation de t'avoir écrit un roman !
Vivement la suite...
La première fois que je l'ai vu j' ai été perplexe. Surtout en raison de sa réputation de film le plus malsain de l'histoire du cinéma (il y a eu bien plus glauque dans le genre). Je l'ai trouvé d' un profond ennui...Avant de le revoir à nouveau, plusieurs années après et d' y adherer enfin. Un excellent film en réalité. Je crois qu' à l' époque ou je l'ai découvert, j'étais trop impregné par les films gores.Je préfére tout de même la colline a des yeux de Craven que la derniere maison sur la gauche. Le tempo est beaucoup plus intense et l' esprit de vengeance bien mieux démontré.
Enregistrer un commentaire